Trier Fermer

L’homéopathie en médecine vétérinaire : est ce que ça marche ?

Historique et principes de l’homéopathie


 


 

homéopathie chien


Déjà abordée au IVème siècle avant JC par Hippocrate, reprise par un médecin alchimiste au XIVème siècle, Paracelse, et réellement fondée par un médecin saxon en 1796, Samuel Hahnemann, l’homéopathie est une médecine alternative qui commença à se développer en France et aux Etats-Unis dans les années 1830. C’est le Comte Des Guildi qui introduisit véritablement la médecine homéopathique en France dans ces années, après avoir assisté à la guérison spectaculaire de sa femme grâce à cette médecine. Ce n’est qu’au XXème siècle qu’apparurent les premiers laboratoires homéopathiques, aujourd’hui très répandus et industrialisés. Il faut noter que c’est en 1833 que Guillaume Lux introduisit l’homéopathie en médecine vétérinaire : il utilisait des remèdes homéopathiques pour soigner les coliques et les boiteries des chevaux.



 L’homéopathie est une médecine dite « de l’individu » : elle ne soigne pas une maladie mais un individu dans son intégralité. L’homéopathe prend alors en compte le terrain de l’individu : sa constitution, c'est-à-dire ce qui est acquis, ce qui fait partie de son génotype ; et sa diathèse, qui désigne l’acquis, ou les modes de réactions de l’individu face à la maladie. Tout ceci est regroupé sous le terme de « principe d’individualisation ».


L’homéopathie s’appuie sur une expérience selon laquelle une substance peut provoquer chez un homme sain des symptômes semblables à ceux présents chez l’homme malade. C’est le principe de similitude : utiliser une substance toxique similaire pour guérir l’individu. L’homéopathie doit être distinguée de l’allopathie, médecine qui, elle, s’appuie sur le principe des contraires.


Le dernier principe est le principe de l’infinitésimal : les substances homéopathiques doivent être utilisées à une quantité très faible, et doivent donc être diluées pour éviter les effets toxiques.


 Les remèdes homéopathiques sont :



  • - d’origine minérale : métalloïdes (Sulfur- soufre), métaux (Argentum metallicum- argent, Aurum- Or), sels, acides minéraux ou organiques… Ils ont une action durable et sont donc essentiellement utilisés pour les maladies chroniques.

  • - d’origine végétale : champignons (Agaricus- Ammanite phalloïde), fougères (Lycopodium- Lycopode), renonculacées (Aconit), ombéllifères (Conium- grande ciguë), composés (Arnica-Arnique des montagnes). Ils ont une action moins profonde et moins durable et sont ainsi utilisés dans les cas aigus.

  • - d’origine animale : venin de reptile (Lachesis), insectes (Apis mellifica- venin d’abeille), mollusques (Sepia- encre de seiche), éponges (Spongia), mammifères (Lac caninum- lait de chienne). Ces substances sont utilisées pour des maladies nerveuses ou cardio-vasculaires.

  • - nosodes ou biothérapie : ils sont fabriqués à partir de produits pathologiques inactivés donc non pathogènes : Psorinum (vésicule de gale), Tuberculinum (tuberculine de Koch), Medhorrinum (pus blennorragique), Luesinum (sérosité du chancre syphilitique). Ils sont prescrits lorsqu’on n’observe pas d’amélioration après un premier traitement.


 La préparation des remèdes consiste en :


-          des dilutions successives (centésimales : CH ou décimales : DH) permettant une déconcentration de la substance ;


-          l’agitation des molécules de la solution (ou dynamisation) par succussion ou trituration.


A noter :


 Les principes, ou notions, de l’homéopathie ne sont au jour d’aujourd’hui pas validés expérimentalement selon les critères scientifiques actuels. L’efficacité de l’homéopathie n’est pas scientifiquement prouvée et les recherches font encore débat à ce jour. Néanmoins, la pratique de l’homéopathie humaine est très populaire en France : plus de 35 % de la population a recours à cette médecine dite « non conventionnelle ». Les animaux ne font pas exception à la règle, même si aucun chiffre fiable n’est annoncé. Comment se déroule une consultation homéopathique vétérinaire ? Quels peuvent être les bienfaits d’un tel traitement ? Y a-t-il des risques encourus par l’animal ?


La consultation homéopathique vétérinaire


 


homéopathie chat


Une consultation homéopathique vétérinaire ne diffère pas d’une consultation homéopathique humaine. Plusieurs étapes se succèdent :


-          Observation de l’état psychique et comportemental de l’animal


-          Caractérisation de l’apparition des symptômes (quand, comment, …)


-          Recherche de l’étiologie (facteur psychogène, climatique, traumatique, alimentaire…)


-          Observation des signes physiques généraux subjectifs (fatigue, troubles sensoriels, douleur, aversion alimentaire, troubles du sommeil…)


-          Observation des signes loco-régionaux (lésions…)


Tous ces symptômes sont hiérarchisés pour aboutir à un diagnostic et à un remède homéopathique. Chez les chiens et les chats, les formes pharmaceutiques utilisées en homéopathie sont principalement les granulés et les gouttes, rarement les injections. On utilise la même posologie qu’en médecine humaine. Le vétérinaire rédige une ordonnance, qui n’est pas renouvelable plus de deux mois : en effet, si le remède est adapté, les symptômes doivent disparaître rapidement. Dans le cas contraire, la prescription est ré-évaluée.


L’homéopathie est particulièrement utilisée dans les domaines de la dermatologie (alopécie, eczéma…), la traumatologie (boiteries), la neurologie (épilepsie), la reproduction, l’urologie, des troubles respiratoires et digestifs, etc… où elle produit des résultats parfois spectaculaires.


 Intérêts et limites de l’homéopathie vétérinaire


-  Le coût : tant en médecine des animaux de compagnie qu’en médecine des animaux d’élevage, l’homéopathie est bien moins onéreuse que la médecine conventionnelle. On rapporte jusqu’à 90 % d’économies !


-  La facilité d’administration : cet aspect est non négligeable pour nos animaux de compagnie, notamment les chats, souvent récalcitrants à avaler de gros comprimés non appétants.


-  Les effets thérapeutiques : aucune étude scientifique répondant aux critères actuels ne démontre à ce jour l’efficacité thérapeutique des traitements homéopathiques. En revanche, de nombreux vétérinaires et propriétaires d’animaux rapportent des cas de guérison, parfois spectaculaires, suite à un traitement homéopathique. Les effets placebo psycho-somatiques ne sont pas suspectés, contrairement à la médecine humaine. 


Absence de toxicité : aucun effet secondaire n’est à ce jour rapporté. De plus, le temps de traitement est généralement court. Cependant, le traitement doit être choisi et adapté par votre vétérinaire. Même si les médicaments homéopathiques sont en vente libre en pharmacie ou chez votre vétérinaire, nous vous conseillons de ne jamais administrer un traitement homéopathique à votre animal sans avoir au préalable consulté votre vétérinaire !


-  Alternative à la médecine conventionnelle en agriculture biologique : la règlementation quant à l’usage des médicaments conventionnels en élevage biologique étant de plus en plus drastique, les éleveurs « bio » se tournent de plus en plus vers les médecines alternatives, parmi lesquelles l’homéopathie est la plus utilisée. 


Cependant, dans certaines circonstances, l’homéopathie ne peut être utilisée seule. C’est par exemple le cas lors d’interventions chirurgicales lourdes, lors de parasitoses, lors de maladies génétiques ou auto-immunes. L’homéopathie ne fait pas des miracles et ne doit pas se substituer à la médecine conventionnelle. Elle doit être utilisée en complément des pratiques dites « classiques » mais également en complément d’autres médecines alternatives comme la phytothérapie ou l’acupuncture, également en plein essor en médecine vétérinaire. « Il ne s’agit pas d’opposer une forme de médecine à une autre mais de saisir les limites de chacune d’elles pour mieux les utiliser ou les associer si nécessaire », affirme le Dr Littner, vétérinaire homéopathe diplômé de l’Ecole Nationale Vétérinaire d’Alfort.


 Bon à savoir :


Il n’existe pas de diplôme délivrant une spécialisation d’homéopathe à un Docteur vétérinaire. Cependant, certains vétérinaires ont suivi des formations continues et pratiquent l’homéopathie au quotidien. Voici quelques adresses :


A visiter également, le site de l’Association internationale des vétérinaires homéopathes : https://www.iavh.org/


Sources :


Vandewalle C., L’homéopthie et ses principes en médecine vétérinaire, applications en clientèle canine, Thèse pour l’obtention du diplôme d’état de docteur vétérinaire, Alfort,  2003, 178p